
Marky Ramone(s) se souviendrait-il de la claque qu'il m'a
assénée lorsque, pré-ado, je découvrais en 1978 l'album Road To Ruin
des RAMONES ? Sans doute que non, malgré le pass-photo
dont il me crédite ce soir afin d'immortaliser mes retrouvailles avec ce qui
est et reste le seul groupe punk-rock que j'ai pu aduler. The
RAMONES : même The Clash et The Sex-Pistols leur mangeaient dans
la main. The RAMONES : la référence absolue d'un autre
temps, d'une autre ère - révolue - mais qu'ils ont inventée en 1974 :
l'ère punk-rock... Les quatre frères RAMONES se
séparent en 1996, et trois d'entre-eux (les fondateurs) décèdent début de la
décennie suivante : Joey, Dee Dee et Johnny laissent dès lors
Marky gérer seul aujourd'hui l'héritage et les royalties des
RAMONES. Histoire d'assurer la pérennité de la légende
new-yorkaise, Marky forme alors son propre groupe, le
MARKY RAMONE's BLITZKRIEG, qui reprend sur scène l'intégrale
des morceaux du clan du même nom.


Ce ne sont donc pas les quatre RAMONES qui sont sur
les planches ce soir, mais c'est tout comme ! Le son est fort et puissant
à souhait mais pourave et brouillon, limite trash : punks are not
dead ! Les morceaux s'enchaînent à la vitesse de l'éclair, sans une
seule seconde de répit entre deux si ce n'est l'intemporel "One-two-three-four
!" lancé à la cantonade au micro. Et le cheval fou de poursuivre son galop en
nous balançant un best of the best of The RAMONES qui balaye
toute la discographie du band.



L'injonction donnée par le biais d'un carton posé à-même la table de mixage et
qui spécifie "Maximum 105 décibels" a-t-elle ou non été respectée ? C'est
à voir - ou plutôt à entendre. Elle l'a certainement été lorsque
Michale Graves (vocals) gratifie l'audience d'une salutaire
pause semi-acoustique en s'installant en solo sur un tabouret, gratte à la
main. Le frontman, transfuge de The MISFITS, nous offre alors
un peu de douceur et de calme en nous balançant quelques arrangements de son
groupe originel (... le moment idéal pour aller se ravitailler au bar ?). Ce
cheveu dans la soupe passé, le band au complet le rejoint sur les planches pour
poursuivre le show par un second set toujours aussi énergique mais, dira-t-on,
peut-être un peu moins brouillon. M'enfin, comme le caractère léché et poli n'a
jamais été la marque de fabrique des RAMONES, on ne va quand
même pas se la jouer pète-culs ce soir...




Regrettons que, comme à sa triste habitude au Duché qui n'a de Grand que son
nom, le public (pourtant transfrontalier) a été en-dessous de tout. En plus
d'être déplorable en qualité comme à l'accoutumée, il a en outre été ce soir
minable en quantité. Les RAMONES méritaient quand même mieux
que ça - et ce ne sont pas les deux bands qui assuraient la première partie
dans une Kulturfabrik mortifère qui me contrediront. Quoiqu'en ce qui
concerne DEPT, il s'en est fallu de peu que leur soporifique
prestation m'incite à rejoindre moi aussi le bar... Hey, Ho, Let's Go
!
vendredi 17 juin 2011
Marky RAMONE's Blitzkrieg - 15 juin 2011 - Esch
Par "All the World is a Stage" le vendredi 17 juin 2011, 23:11
jeudi 16 juin 2011
BLACK LABEL SOCIETY - 16 juin 2011 - Luxbg
Par "All the World is a Stage" le jeudi 16 juin 2011, 23:08
Message arrivé ce matin dans ma boite email :
Tonight's ZAKK WYLDE & BLACK LABEL
SOCIETY show cancelled !''
Dear Punters,
Very sorry to let you know that tonight’s show is cancelled !
The artist’s management has indeed informed us that Zakk
has lost his voice and is unable to perform. The shows in Den Haag yesterday
and tonight’s show at the Atelier have been cancelled as he being
treated.
We are waiting on further information whether there will be a replacement
date or if tickets will be refunded. We’ll get back to you asap, pls stay tuned
on www.atelier.lu
Very sorry indeed for any inconvenience and we wish Zakk a good recovery
!
The A-Team''
Tout est dit... :-(
dimanche 12 juin 2011
HAMAWE Roots Festival - 12 juin 2011 - Hamawé
Par "All the World is a Stage" le dimanche 12 juin 2011, 14:34

Ce qu'il y a de bien avec la roots ou avec le bluegrass,
chaque année au Festival Roots d'Hamawé, c'est qu'on peut danser avec les mains
dans les poches, même si on a oublié ses santiags ou son stetson : le
square dance, c'est ça ! Sans paraphraser Gotainer et son sampa.
Si le festival s'offre les PINE LEAF BOYS qui traversent
expressément l'Atlantique pour ce seul (!) concert européen, ce sont davantage
les DIRTY COVER CATS qui mettent préalablement le feu aux
poudres avec un set, ma foi, bien rock'n'roll.

Ca swingue à gauche, ça boogie woogie à droite, ça rockabily au centre, dans
une atmosphère tantôt cajun tantôt... simplement (et chaudement) gaumaise, sous
un chapiteau d'où perlent les
gouttes-de-la-vérité-qui-ne-trompe-pas-sur-l'ambiance-à-l'intérieur. Jeans et
chemises à carreaux - avec ou sans taches de chili con carne... - se disputent
la place aux chapeaux de cowboy et autres coiffes de paille, que ce soit sur
scène où au-devant de celle-ci. Le decorum est fidèle à la tradition
roots, la ferme Roiseux s'est mise sur son trente et un, le bon peuple
a répondu massivement présent, les familles sont au grand complet : veaux,
vaches, cochons, tout est en place pour que les STRAPS fassent
comme chez eux et clôturent une nouvelle édition aussi chaude
qu'Orvalesque...



dimanche 29 mai 2011
An evening with RUSH - 29 mai 2011 - Frankfurt
Par "All the World is a Stage" le dimanche 29 mai 2011, 16:41

RUSH : 3 de 3. Front rows, stage right.
Francfort semble avoir drainé 11.000 canadian maniacs des quatre coins
de l'Europe. Probablement car ce concert est étrangement le seul show
germanique de ce court European Tour Machine 2011 qui s'achève par
ailleurs ce soir à la hussarde (teutonne) dans la fournaise de cette
Festhalle rendue célèbre par le tournage de "R30" en 2004. Et tout
comme RUSH, nous retrouvons cette superbe salle pour la
quatrième fois également. Fournaise ou véritable étuve ? Il fait
chaud-boulette sous le dôme de la halle, et cette moiteur suintante
digne d'une baraque à frites semble décupler l'ardeur, la chaleur et
l'impatience d'un public venu partager ce tour de force de plus de trois
heures. Geddy et Alex incendient l'audience
dès les premières notes qui déchirent la halle, tandis que
Neil bucheronne ses peaux comme jamais. Le rouleau compresseur
RUSH écrase avec légèreté, broie avec finesse, réduit
délicatement en bouille et achève avec doigté les dernières réticences de
celles et ceux qui auraient pu se tromper de spectacle en poussant la porte de
ce thé dansant - ce n'est pas tous les jours qu'un concert débute à 18h30 pour
se terminer plus de trois heures plus tard alors qu'il fait encore clair et
chaud dehors. Le brulot intérieur semble avoir contaminé tout l'air ambiant de
la ville-saucisse (de Francfort, bien sûr).
(Ultra low-definition
pictures)



Quelques syncopes et évacuations plus tard (pfff : pour une fois qu'un
public largement féminin est de la partie), voilà-t-y pas que ces nymphettes
tournent de l'oeil dans une étuve que les trois Canadiens n'ont pas
particulièrement aidé à rafraîchir il est vrai. Alex a lui
aussi laissé tombé la veste durant l'intermission - sans doute pour
nous en mettre encore plein la vue à l'occasion de ce véritable bouquet final
européen. Neil semble joyeux (...comme à chaque fin de
tournée, pour qui le connait un peu...) et est gai tel un pinson qui sait qu'il
va retrouver dans quelques heures sa couvée. Pour sa part,
Geddy rayonne, satisfait du job en train d'être accompli.
C'était le show parfait - le dernier de la tournée, celui qui délivre les corps
et libère les esprits. Celui où l'on se permet tout, car il n'y a plus rien à
prouver, plus rien à gagner, plus rien à perdre non plus: le bouquet final. Ce
soir, tout le monde sent l'écurie - au propre comme au figuré et pas pour les
mêmes raisons. Reste cependant en suspens une interrogation : alors qu'à
chaque show Geddy annonce une set-list longue de milliers et
de milliers de morceaux, un programme long de millions ou de dizaines de
millions de titres, il annonce ce soir qu'ils en ont... six millions. Pas sept
ni cinq, non : six millions. Pas dix mille ni trois cent mille. Non: juste
six millions... Une de leur première venue dans cette Festhalle avait
été l'occasion pour Geddy d'affirmer combien ils étaient tous
trois impressionnés par le fait de se produire dans une salle qui avait une
telle histoire et qui avait été le théâtre de tant de rassemblements
dans un sombre passé germanique. Ce soir, probablement Geddy
est-il le seul à savoir pourquoi c'est précisément six millions de
morceaux que RUSH entend nous balancer en pleine figure lors
de ce final. Lors de cette solution finale canadienne....

(Ultra-low definition pictures)

La grande famille rushienne européenne était rassemblée ce soir a
Frankfurt pour cette Machine à Remonter le Temps - des Français venus
de France ou vivant sur place, des Hollandais croisés l'avant-veille à
Rotterdam, des Belges familiers du Spirit, des Espagnols et des
Italiens en-veux-tu-en-voilà. Ce soir, c'était à la fois Broadway et le Moulin
Rouge, c'était Pigalle et Soho, c'était le Yin et le Yang. Mais pour cette
année, this is the end : alles hat ein ende nur die wurst hat
zwei... et où, mieux alors qu'à Frankfurt, terminer ce European Tour
Machine 2011 ?! On peut trouer la nuit: the job is done...
vendredi 27 mai 2011
An evening with RUSH - 27 mai 2011 - Rotterdam
Par "All the World is a Stage" le vendredi 27 mai 2011, 14:59

RUSH : 2 de 3. Alors que tous les Marcel du bon peuple
gavé par le marketing mercantiliste et médiatique floydien
s'esbaudissent à Anvers devant un Roger, c'est au sein d'un autre
sportpaleis distant de quelques dizaines de kilomètres seulement que
se déroule cependant le véritable événement (non pas populeux ni populaire,
mais exclusivement musical) de cette soirée : RUSH
retrouve l'Ahoy de Rotterdam. Mon quatrième Ahoy avec RUSH -
et front rows, stage left, please. Un beau et grand soir pour
mon R30 : ce code qui n'est pas sans signification pour les
amateurs et connaisseurs, en revêt une toute particulière pour moi.
Mon R30, mon 30ème concert de RUSH - ni plus, ni moins. Et pas le
meilleur, car celui-là est toujours à venir, sinon à quoi bon...?!
RUSH joue dans une division où les prétendants ne sont pas
légion : y en a-t-il d'ailleurs capables d'aligner le palmarès et le
pedigree de nos trois Canadiens ? Ils ont depuis longtemps atteint le
degré d'excellence totale où, une fois la complexité architecturale assimilée
et la prouesse technique totalement intégrée dans leur jeu de scène, celles-ci
ne font plus que porter le band et servir la symbiose entre les trois hommes.
Le décorum à la hauteur de la prestation apporte la touche finale, là où
d'autres ne l'utilisent que pour mieux faire diversion et/ou...
compenser.
(Ultra low-definition
pictures)


(Ultra-low definition pictures)


Le son est d'une rare perfection dans un Ahoy qui a déjà fait ses preuves par
le passé, et délivre un niveau de pureté rarement (jamais?) atteint. Et la
vieille connivence dont font preuve ce soir nos trois complices termine un
tableau des plus réussis - sans commune mesure avec l'expérience dublinoise qui
était trop proprette et trop clinique. Le tableau, ce soir, est
parfait. La quintessence de la perfection musicale et artistique. Qu'on aime ou
qu'on n'aime pas RUSH - puisque tous les goûts sont évidemment
dans la nature - force est de s'accorder que nous jouons ici dans la cour des
plus grands. RUSH, le poids des mots, le choc des notes. La
force tranquille, telle une mer d'huile qui ne dit rien mais qui peut tout
engloutir, semblant de rien. RUSH, le trou noir de la musique
contemporaine, redoutable force invisible qui fait table rase de tout.
Behind only The Beatles and The Rolling Stones for most consecutive gold or
platinum albums sold by a rock band, mine de rien, sans vague, sans bruit,
semblant de rien. C'est tout RUSH, ça : c'est Fukushima
et Tchernobyl à la fois : totalement destructeur, impossible à contenir et
d'une telle redoutable efficacité qu'on ne peut qu'y succomber ou la fuir. Ce
soir à Rotterdam, c'est à la fois les Noces de Cana et le Jugement Dernier.
L'Apocalypse et le Big Bang réconciliés. C'est Bach réincarné en Van Gogh.
C'est le jumelage entre Hiroshima et le Tibet. C'est le mariage entre Cro
Magnon et Kierkegaard. C'est la réconciliation de Gengis Khan et de Confucius.
Et les Working Men de ce soir sont les bâtards issus des amours
interdites de Bob Marley et de Jimi Page par un beau soir de 1974...

(Ultra-low definition pictures)


dimanche 22 mai 2011
G4 - 21 mai 2011 - Bertrix
Par "All the World is a Stage" le dimanche 22 mai 2011, 14:11

L'affiche donne le ton - et il n'est pas spécifiquement question des gabiers du
même nom, même si un moussaillon est de la partie ce soir. Soirée
tribute, d'ailleurs, avec une
intensities-in-two-cities : après le G4 à
Bertrix, se sera tout à l'heure Abbey Road à Bastogne
(It's a long way to the top if you wanna rock'n'roll - air connu).
Tout est donc dit et écrit, et correctement mentionné sur l'affiche du
G4 ce soir, pour le quatrième gig d'un band qui ne s'était pas
initialement constitué pour durer, que du contraire. Mais l'éphémère est devenu
rémanent pour notre plus grand plaisir, et le flingue à un coup est devenu une
sulfateuse qui assure. Le "Projet G4" est donc tout
naturellement devenu simplement... G4


Aaaaaah ! comme dans le bon vieux temps, l'organisateur monte sur les
planches pour annoncer le groupe avant que les lumières ne s'éteignent :
on croirait réentendre un microsillon vintage double live
quelconque... Pour ajouter une touche de surréalisme, l'annonceur ne manque pas
non plus de préciser qu'exceptionnellement ce soir le bar restera ouvert
durant le spectacle (sic) - au cas où on oublierait qu'on est dans un
centre culturel et qu'on fait là une coupable entorse aux ancestrales et
rigides habitudes des lieux - et qu'il est recommandé d'éteindre son
gsm (re-sic). Cette dernière précision fera cependant l'objet d'un rapide
démenti de la part du band qui précise quand même d'entrée de jeu, par la voix
de son M. Loyal (Denis Richard - vocals), que de
toutes façons on ne les entendra pas sonner, qu'il vaut mieux les laisser sur
vibreur et qu'après tout on n'en a rien à f.... On est donc bien dans un
centre culturel - et cette petite touche un rien cocasse n'est pas pour
déplaire à un parterre particulièrement peu conventionnel également pour un tel
endroit.


A l'instar de ces présentateurs/animateurs radio (dont je tairai pudiquement le
nom) qui irritent royalement leurs auditeurs en annonçant sur les ondes
Les Pink Floyd, Les AC-DC, Les Police, Les
Supertramp, Les Nirvana, etc. (Le(s)) G4
remonte donc sur les planches pour un quatrième gig en un an, passant de la
sorte du statut de tueur occasionnel one-shot à celui nettement plus envié de
respectable serial-killer de la scène luxembourgeoise. Vivement d'ailleurs le
prochain forfait dans un mois, manière de prendre une nouvelle balle en pleine
tête, non pas entre les deux yeux ou plutôt si, mais entre les deux tympans
plus précisément. Les quatre lead-guitars copulent deux par deux,
Manu "Roi Lion" Moreau et
Bernard "The Boss" Castelloes sur le flanc
gauche, Albert "Le Maître" Pemmers et
Julien "Magical Fingers" Mary sur l'aile
droite, tandis que keyboard et bass-man font de même sur le podium où
Ben "en Gaume" Langlois croise le fer (ou
plutôt le pétard) avec Didier "A poil, Bidon !"
Tonneau, laissant tout seul comme un grand, installé derrière
son artillerie, Geoffroid "Boum Boum" Mary.
L'équipage est au complet, les huit corsaires du vaisseau Classic Rock peuvent
prendre le large après avoir longuement affûté leurs munitions ces dernières
semaines pour relever le défi d'un nouvel épique combat contre la facilité et
le confort. Car quatre lead-guitars à synchroniser, c'est pas du pâté
(gaumais), et huit flibustiers à caser, c'est pas full-confort non plus. Mais
(Le(s)) G4 a été pensé (un peu) et conçu (beaucoup)
pour partir à l'assaut de classic rocks non pas particulièrement pour
les revisiter mais plutôt pour les réincarner. Le fun en plus,
conjugué à la puissance de 4 grattes et à la bonne humeur de 8 potes désormais
complices pour le meilleur et sans le pire.
L'intemporel a de nouveau frappé fort ce soir.
Non pas dans le dos mais en plein coeur.
Et à coups de watts, maudits rockeurs !





samedi 21 mai 2011
ABBEY ROAD - 21 mai 2011 - Bastogne
Par "All the World is a Stage" le samedi 21 mai 2011, 22:14

Intensities-in-two-cities : de retour dare-dare du concert
du/de/des G4 à Bertrix (voir par ailleurs) pour rejoindre
Bastogne, c'est de justesse que cette review du set d'ABBEY
ROAD figure donc ici : it's been a hard day's night.
Merci d'ailleurs, Docteur, d'annoncer au micro de manière un rien ostentatoire
l'arrivée (pourtant discrète) d'Intensities-in-tens-cities sur la
scène de crime... Certains doivent encore probablement tenter de déchiffrer la
teneur de cette annonce pour le moins subliminale. More serious, qu'est-ce qui
ressemble plus à un concert d'ABBEY ROAD qu'un concert des
Beatles (ou vice-versa, peut-être) ? C'est la raison qui
motive sans doute la présence d'un public parmi lequel, il est à parier, aucun
n'a vu davantage les vrais Fab Four sur une quelconque scène que le
grand Jacques sur celle que foulent précisément ce soir nos faux
Liverpooliens.


Il n'est pas facile de réinventer les Beatles chaque soir, mais c'est un
exploit que réalise manifestement ABBEY ROAD en redonnant à
chaque fois corps et vie (et âme) à des airs pourtant délavés par tant de
passages en machine. A coups de Vizirette et d'autres enzymes plus ou
moins gloutons, les couleurs des Beatles semblent presque retrouver plus
d'éclat à chaque lavage, et la densité de la texture des tissus est comme plus
vive après chaque essorage. C'est sans doute ça l'effet ABBEY
ROAD : ravive les couleurs, retend les tissus, et pour un blanc
plus blanc que blanc (comme l'album du même nom, for sure...). Le prochain
concert d'ABBEY ROAD confirmera sans doute le constat que le
calcaire est moins résistant qu'une Gibson rouge, qu'un programme à ultra-haute
température n'est possible qu'avec un solide Marshall et qu'il y a tambour et
tambour. Ou quand poudre à canon et poudre à lessiver ne sont en tous cas pas
poudre aux yeux. it's been a hard day's night...



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