
The Nuge : 3 de 4. Nouveau sms en provenance de Toby
Nugent durant le concert de Thin Lizzy nous fixant un
endroit de rendez-vous afin de nous permettre de passer backstage et de
découvrir l’envers du décor de ce festival pas piqué des hannetons. C’est
l’occasion de croiser les membres de Thin Lizzy juste à leur descente de scène,
et de côtoyer Tommy Aldridge (photo 1) que je retrouve 8 ans
après les derniers pots que nous avons pris ensemble à Toronto et à Buffalo
alors qu’il tournait avec le Nuge. Scott Gorham, dernière
figure emblématique de Thin Lizzy est également de la partie : cool (photo
2). Outre le beau peuple rock’n’rollesque qui déambule backstage
(Apocalyptica, Danko Jones,
Europe, Subway to Sally,...), c’est
essentiellement Billy Gibbons et Dusty Hill
de ZZ Top (photos 3 et 4) qui attirent les regards… jusqu’à
l’arrivée de Ted Nugent sur le coup de 17h30.
Photos (c) - Use only with
mention of www.intensities-in-tens-cities.eu
1.
2.
3.
4. 
Rapides salutations, avant que le Nuge ne s’engouffre dans le bâtiment où
chaque band dispose de ses appartements. Nous faisons la navette entre
la plaine du festival et le backstage, restant finalement plus souvent
installés au bar situé à l’arrière de la scène principale qu’ailleurs,
profitant du soleil, du calme et de la vision de ce petit monde de vedettes, de
roadies, de managers, de producteurs et de VIP sans doute, mais dont
les visages ne me sont tous pas familiers… Quelques minutes seulement avant de
monter sur scène, précédé par Toby qui ouvre le chemin, Ted quitte le bâtiment
suivi comme son ombre par ses deux musiciens et son tour manager pour effectuer
la centaine de mètres qui les sépare de la main stage. Tout en
marchant d’un pas très rapide en direction de la scène, il s’étire et
s’échauffe à la manière d’un athlète prêt à monter sur la piste, et c’est d’une
foulée olympique que la distance est franchie. Il avale les escaliers de la
scène trois à trois (!), enfilant illico sa Byrdland que lui tend
Toby, et de laquelle il extirpe illico quelques violents feedbacks
assourdissants alors même qu’il est toujours en coulisses : un classique
qui annonce l’arrivée imminente de la Bête sur scène… Et le voilà
parti pour une bonne heure et demi de délire. Je repasse frontstage pour tirer
quelques photos – et Ted de mettre le feu à la plaine.
Photos (c) - Use only with
mention of www.intensities-in-tens-cities.eu

Photos (c) - Use only with mention of
www.intensities-in-tens-cities.eu

Non, décidément non, je ne connais aucun show man de sa trempe, aucun musicien
de sa stature. Et je pèse mes mots. Il vit sa musique, il EST sa musique.

Photos (c) - Use only with mention of
www.intensities-in-tens-cities.eu

Je cueille Ted à sa sortie de scène pour franchir à pas de géant en sa
compagnie, comme à l’aller, le chemin le ramenant à ses appartements. Un
attroupement de curieux s’agglomère le long du court trajet, formant comme une
haie d’honneur que je franchis en sa compagnie. Il me gratifie d’une virile
tape dans le dos en me demandant mon opinion quant à sa prestation: tout
satisfait qu’il semble de toutes façons être de lui-même, c'est là un classique
pour l’égomaniaque et mégalo qu’il est et reste !
Photos (c) - Use only with
mention of www.intensities-in-tens-cities.eu

Pourtant, les quelques injures et autre "Motherfuckers !" adressés aux
techniciens en début de prestation alors qu’ils n’exécutaient pas ses
injonctions et ne répondaient pas à ces nombreux signes me laissaient craindre
le pire. C’est qu’une Byrdland ne se manie pas comme une
Ibanez ou comme une vulgaire japonaise... (il paraît !). Quelle soirée
– ZZ Top peut monter sur scène, les Texans peuvent être bons, excellents ou
exécrables, peu importe : le Nuge est passé… Vivement demain à Londres
!
Photos (c) - Use only with
mention of www.intensities-in-tens-cities.eu

Tag - Aldridge Tommy
dimanche 13 juillet 2008
Ted NUGENT - Bospop Festival - 13 juillet 2008 - Weert, Hollande (feat. Thin Lizzy, ZZ Top,...)
Par "All the World is a Stage" le dimanche 13 juillet 2008, 20:19
vendredi 9 juin 2006
Ted NUGENT – 9 juin 2006 - Arrow Rock Festival - (featuring Deep Purple, Whitesnake, Status Quo, Blackfoot, Uriah Heep, Journey...)
Par "All the World is a Stage" le vendredi 9 juin 2006, 20:25

The Nuge – 5 de 5 : Parti un peu tard, je me fais surprendre par les
bouchons entravant les derniers kilomètres qui me séparent du site du festival
implanté dans la campagne hollandaise de Lichtenvoorde. Le temps de passer par
la zone VIP prendre possession de mon backstage pass, je n’arrive au
pied de la scène principale que pour les dernières minutes du concert de
BLACKFOOT. Shit, shit et shit : cela m’attriste
réellement d’avoir raté l’essentiel de leur set, les gaillards occupant une
grande place pour moi parmi les meilleures formations sudistes au même titre
que Lynyrd Skynyrd, The Outlaws, Molly Hatchet ou 38 Special pour n’en citer
que quelques-uns uns (photo 1). Etant déjà backstage au moment de la venue de
Ted NUGENT sur le site, je taille une bavette avec son fils
Toby qui prépare son arrivée... et qui se marre d’autant plus de ma mésaventure
irlandaise de la veille que nous nous étions croisés plus d’une fois sur
place ! Moi, je me marre en voyant les affaires de scène de son père qui
sèchent au soleil après, je présume, un lavage de dernière minute ce
jour : pompes et chapeau qui profitent comme nous de la clémence météo de
Hollande… ! (photo 2). Rapides salutations avec Ted avant qu’il ne
poursuive la conversation avec Greg T. Walker, fondateur de
Blackfoot en 1969, sous l’œil amusé de son batteur Mick Brown
à l’arrière-plan: ils semblent s’apprécier vraiment, les lascars, cool !
(photo 3). Que tout cela est de bon augure en regard du programme de la
main stage (photo 4) !
1.
2.
3.
4. 
Le moment venu pour Nugent de monter sur scène, je reste backstage durant toute
la grosse heure quart que dure sa prestation : que rêver de mieux ? A
ma droite les membres de BLACKFOOT (photo 5), de
WHITESNAKE (Tommy Aldridge et Doug
Aldrich derrière les guitares du Nuge - photo 6), à ma gauche ceux de
URIAH HEEP (photo 7) et de STATUS QUO (photo
8). Et puis, c’est chouette de revoir Tommy Aldridge maintenant batteur de
Whitesnake alors qu'il était derrière les fûts du Nuge lors de notre dernière
conversation à Montréal en 2000: le monde est décidément petit dans le petit
microcosme de la bonne musique !
5.
6.
7.
8. 
Bref, que du beau monde autour de moi pour un concert du Nuge de très haute
tenue : quelques dizaines de milliers de personnes doivent encore s’en
souvenir ! Etant aux côtés de Marylin Brown (une des deux photographes
officiels attitrés du Nuge) au moment où elle tire cette photo, c'est sans
vergogne et tout à son honneur que je la garde en guise d’illustration – son
grand angle donnant un meilleur résultat que mon simple objectif (gasp !
la seconde photo de ce blog qui n'est pas de moi...!).

Le show est de toute beauté et le Nuge est impressionnant, électrisé par les
dizaines de milliers de spectateurs qui lui font face: ce n'est plus un duel,
ce n'est plus un one-man-show, c'est tout simplement Noël en été, c'est Bizance
en Hollande, c'est le nirvana sur terre... Bref - un show du Nuge comme les
autres, ni plus ni moins finalement, pourquoi est-ce que je m'emballe de la
sorte ?!

Après un petit rafraîchissement pour le rappel, c’est avec Great White
Buffalo que le Nuge termine – traditionnellement – sa prestation, arborant
sa coiffe indienne avant de se précipiter backstage encadré par son fils. Photo
de famille prise sur le vif, captée en pleine action: une de mes plus belles
photos live pleine de spontanéité, de vérité, de simplicité, de vie –
une photo tellement vraie et tellement nature. Father & Son: family
spirit…

Le Nuge quitte les lieux un peu plus tard dans la soirée et repart comme il est
arrivé. Après quelques derniers échanges et autre poignée de main, il pose pour
une ultime photo au moment où il embarque dans la voiture qui est synonyme de
fin de la tournée européenne, de fin de l’aventure, et de fin de l’histoire
pour moi. Suite au prochain numéro. Ou plutôt lors de la prochaine
tournée...
Et en l'attendant, un petit extrait vidéo...:
Fields_of_Rock_06.2006.MPG

Flash-back sur la journée écoulée. Déambulant dans la zone VIP derrière les
deux principales scènes, je croise un certain nombre de fois les membres de
Blackfoot qui semblent passer leur journée comme moi, à
prendre du bon temps, boire un coup et passer de scène en scène observer ceux
qui partagent avec eux l’affiche du festival (photo A). Vraiment sympas et
cools, ces mecs, vraiment ! La rythmique du Nuge, Mick
Brown (photo B) et Barry Sparks taillent une bavette
avec un des musicos de Whitesnake (photo C), ceux de
Status Quo boivent un pot à l’ombre d’une tonnelle avec
Uriah Heep, les membres de Journey
s’entretienent avec ceux Blackfoot attablés (photo D);
Vandenberg échange avec Whitesnake (photo E)
et Doug Aldrich s'échauffe à la gratte avant de monter sur
scène (photo F). David Coverdale s'en va se poudrer le nez
(photo G) tandis que les roadies profitent d'un repos bien mérité .. sous la
scène (photo H). Et moi au milieu de tout ce beau monde…
A
B
C
D
E
F
G
H 
Le set de Whitesnake est impressionnant, vécu backstage aux
côtés notamment des membres de Status Quo et de
Blackfoot toujours aussi intéressés par les prestations de
leurs co-listiers. Vandenberg fera une apparition éclair en
guest, le temps d’un ou de deux morceaux. L’anecdote du jour : la tonnelle
de 2 m² de David Coverdale installée backstage en plein milieu
du jeu de quille, au mitan de tout le matos de Deep Purple, équipée d’une
commode et d’un matériel de maquillage à faire pâlir de jalousie Barbie
elle-même ! Avant le rappel, David et ses compères se retirent backstage
le temps de souffler quelques instants - quelques longs instants que David
passe dans les bras de sa femme qui en profite pour lui refaire une retouche
maquillage…


Status Quo prend ensuite le relais sur la scène principale
tandis que Journey puis Uriah Heep se
relaient sur la seconde scène. L’anecdote Status Quo ? Je l’adore :
durant le solo de batterie qui ponctue le concert, les guitaristes et bassiste
se retirent backstage laissant toute la scène pour le seul batteur en train de
taper sur ses fûts. Francis Rossi, venant se placer à côté de
moi, en profite pour griller une rapide cigarette derrière les amplis et
m’adresse un grand sourire en frottant sa joue du revers de la main, me
signifiant ainsi dans un langage universel « La barbe ! » en me
montrant d’un mouvement de tête son collègue en train de s’échiner à la
batterie ! Humour anglais, sans doute. Excellent !


Depuis le matin, le backstage est envahi par le matos de Deep
Purple qui encombre le passage en prévision du concert qui clôture la
journée. Le plus impressionnant est le clavier – pardon : les claviers –
qui occupent une place non négligeable à côté de la batterie. Les autres
valises, caisses et box marqués de l’effigie de tous les groupes de la journée
- voire de l’un ou l’autre musicien en particulier – est un patchwork à
l’esthétique particulière mais ô combien parlante pour qui sait où il
est.

Je quitte les lieux avant la fin du show de Deep Purple, non
pas que mon backstage me gêne – que du contraire ! - mais les bouchons du
matin me font dire que ce n’était que de la roupille de sansonnet à côté de ce
qui se trame pour ce soir. Et puis, après tout, le Nuge est venu, il a vu, il a
vaincu: à quoi bon rester plus longtemps...?!
samedi 24 juin 2000
Ted NUGENT - 24 juin 2000 - Buffalo (USA)
Par "All the World is a Stage" le samedi 24 juin 2000, 20:21
Ted Nugent 3 de 3 – Buffalo, état de New-York, USA. Les routes qui longent
le lac Ontario, serpentant de criques en criques, ondulant de collines en
collines, sont tout bonnement splendides. De villages en villages - tous plus
charmants les uns que les autres - entre forêts, lacs et collines, le décor est
digne d’un David Crocket – les Rocheuses en moins. Vastes propriétés perdues au
milieu de nulle part, plages, forêts, collines, soleil : tout y est. Je
passe la frontière Canado-américaine, expliquant non sans mal que je ne fais
qu’un court séjour de 24 heures aux States pour un concert le soir même :
un peu bizarre pour un Européen qui vient d’arriver sur le Nouveau Continent et
qui repart le surlendemain ! Buffalo n’est pas ce qu’on peut appeler une
belle ville : c’est un succédané de l’Amérique urbaine dans toute sa
splendeur – ou dans toute son horreur, c’est selon.

Le concert du soir à l'HSBC Arena de Buffalo sera dantesque –
peut-être parce qu’il signifie pour moi la fin de mon trip ? Quittant ma
place VIP pour rejoindre les coulisses à l’issue du concert, le Nuge ne sera
pas au rendez-vous. Le Tour Manager – je le revois encore sincèrement désolé -
m’explique que, dès la fin du concert, Ted a eu la subite et légitime envie de
rejoindre son chez lui pas très distant afin de profiter des deux jours de
pause que la tournée lui accorde. Soit ! Dommage – je me retrouve avec
Tommy Aldridge à boire un pot, mais il manque manifestement
quelque chose à cette soirée – ou plutôt quelqu’un.

Je quitte les lieux avant la fin du show de Kiss et passerai
une nouvelle nuit dans ma voiture de location. Au programme du lendemain,
visite de quelques réserves indiennes (manière de rapporter quelques
cadeaux-souvenirs) avant de repasser la frontière canadienne et rejoindre
l’aéroport international de Montréal. Petit stress lors d’un contrôle plus que
pointilleux des agents de la douane américaine : ils m’imposent une
fouille poussée, cherchant des stupéfiants ou que sais-je. Les bras et les
jambes écartés, m’appuyant des mains face au mur du bureau de douane, un énorme
molosse me renifle toutes les parties du corps pour finir avec ses deux pattes
antérieures posées sur mes épaules, me reniflant le cou tandis que ses maîtres
lui hurlent des ordres incompréhensibles. J’ai tout à coup des images qui
défilent à toute vitesse dans ma tête : Midnight Express, une
arrestation injuste et une incarcération arbitraire, l’incapacité de
s’expliquer, un avion raté, un séjour prolongé bien malgré moi… Tout ça pour
trois concerts de Ted Nugent. Mais tout est bien qui finit bien, et j’arrive
finalement juste à temps à l’aéroport pour découvrir que mon vol pour Bruxelles
via Paris est… annulé. Une grève des aiguilleurs du ciel français en est la
cause. Empoignade à l’aéroport de Montréal où tous les passagers pour Paris –
comme moi – se disputent et en viennent presqu’aux mains pour négocier à la
hâte avec une autre compagnie desservant l’Europe un retour vers le Vieux
Continent. Ambiance ! Je parviens à arracher un billet pour un vol qui
décolle peu de temps après pour Amsterdam, laissant sur le carreau plusieurs
dizaines (centaines ?) de passagers continuer leur recherche d’un vol
transatlantique… Trois concerts en trois soirs, invité par le Nuge himself -
thanx Ted & keep on rockin’
vendredi 23 juin 2000
Ted NUGENT - 23 juin 2000 - Toronto (Canada)
Par "All the World is a Stage" le vendredi 23 juin 2000, 20:11
Ted Nugent 2 de 3. La route qui m’emmène de Montréal à Toronto est bien
agréable – la météo est au beau fixe. J’arrive en début d’après-midi à Toronto
et me guide sans trop de peine jusqu’à l’Air Canada Center après
m’être renseigné à l’une ou l’autre reprise avant d’acheter finalement un plan
des lieux ! Je redécouvre fin d’après-midi tout le complexe implanté au
pied de l’immense tour, symbole même de Toronto – l’effet est aussi
impressionnant que lors de ma première venue. Le soir venu, mon VIP pass
m’attend aux guichets à l’entrée de la salle, et je pénètre dans les lieux
après la prestation de Skid Row : inutile de me presser,
passons du bon temps à l’extérieur en profitant du soleil couchant, ma place
VIP m’est réservée…

Le concert du Nuge sera bien différent de celui de la veille : en vieux
briscard qu’il est, il amène ses comparses à le suivre au cours de ses
improvisations et de ses enchaînements surprises ! Quelle bête, quel
monstre...

A la fin de son set, et à l’inverse de la veille où j’étais seul, nous serons
sept ou huit à le rejoindre autour d’un buffet dressé au milieu d’un vaste
salon cossu. Tous ces invités sont d’avides chasseurs à l’arc, membres d’une
association canadienne que Ted supporte fidèlement. La discussion est longue,
très longue et animée ; elle tournera essentiellement autour du sujet,
entre soft drinks et autres mets délicats en provenance du buffet.

Au bout d’une quarantaine de minutes au cours desquelles je tente de suivre les
subtilités des échanges sans trop intervenir, Ted me consacre un bon bout de
son temps, réalisant je pense que ce sujet de conversation n’est pas ma tasse
de thé ni mon fort : nous dévions rapidement sur des sujets plus
rock’n’rollesques... Avant de se quitter, il tient absolument à ce que
quelqu’un nous prenne en photo tous les deux avec mon appareil – une habitude
bien sympa chez lui – et dont il ne gratifie personne d’autre ce soir à part
moi. On se salue, on se quitte et l’on se dit à demain. Je rejoins la salle
pour les dernières notes de Kiss - tant qu'à faire. La soirée
se terminera bien tard, regagnant pour ma part une aire d’autoroute où je
dormirai quelques petites heures à nouveau à l’arrière de ma voiture de
location, sous un déluge dantesque, après avoir tâché de trouver la route qui
m’emmène vers les States, en l’occurrence Buffalo – état de New York.
jeudi 22 juin 2000
Ted NUGENT - 22 juin 2000 - Montréal (Canada)
Par "All the World is a Stage" le jeudi 22 juin 2000, 19:13
Ted Nugent 1 de 3. Mon dernier concert du Nuge remonte à quatre ans déjà. Et
c’était déjà outre-Atlantique… Quatre ans que j’attends en vain son retour sur
le Vieux-Continent. A défaut, je me décide à retraverser l’Atlantique pour 3
concerts en 3 soirs dans le nord-est du continent américain, à la fois au
Canada et aux USA. Etant à nouveau invité par le Nuge himself, l’avion me
conduit en droite ligne de Bruxelles à Montréal. Voiture de location, et
direction la banlieue montréalaise pour passer une nuit réparatrice dans ma
voiture dont j’ai rabattu les sièges arrière. Priorité numéro un : me
remettre du décalage horaire et attendre avec impatience le lendemain pour le
premier show au programme, à mon programme. Après une journée de flânerie dans
les rues de la métropole québécoise, direction le Molson Center (ou
plutôt le Centre Molson), ex-Bell Center (pardon :
Centre Bell) où se tient la grand messe du jour.

Le Nuge est en milieu d’affiche pour ces trois soirs d'affilée, avec
Skid Row qui ouvre en début de soirée et Kiss
qui clôture les festivités à l’occasion de sa tournée d’adieux (?). Mon VIP
pass m’attend effectivement comme convenu au will call de l’aréna.
Mais non sans peine : le guichetier ne trouve en effet pas l’enveloppe à
mon nom, et ces recherches s’éternisent alors même que le concert de Skid Row
est déjà bien entamé. Je commence sérieusement à stresser. Après plusieurs
vaines tentatives, je l’invite à appeler Bob Quandt, le Tour Manager de Nugent,
afin de régler le problème lorsque j’hérite enfin de mon pass qui m’attendait
effectivement… mais à un mauvais nom. Me voici dorénavant baptisé… Yves Montand
!! Il me faut toute ma diplomatie et toute ma force de persuasion (ma rage du
désespoir ?) pour faire comprendre au guichetier que le pass à ce nom - le seul
pass en sa possession - m’est bien destiné !

Je rejoins dare-dare les places VIP en bordure de scène et la magie joue à
nouveau : le choc du premier concert du Nuge est bel et bien au
rendez-vous. J’ai beau m’y préparer, j’ai beau m’y attendre, mais non : le
choc, la surprise et le coup de fouet me surprennent à nouveau – à ma plus
grande surprise et pour mon plus grand plaisir. Un concert du Nuge reste un
moment unique, inimitable et d’une intensité sans pareille. Je suis à nouveau
sur mon cul. Et je tombe à nouveau de haut, de très haut.

Plusieurs fois durant le concert, le Nuge se tourne en direction de notre
tribune et adresse un petit signe à l’un ou l’autre d’entre-nous … Dès le
concert fini, je rejoins l’endroit convenu où Bob Quandt, le Tour Manager, m’a
fixé rendez-vous pour venir saluer le Nuge. Escorté de deux impressionnants
vigiles qui me conduisent dans les dédales souterrains du complexe, j’arrive
dans les appartements du Nuge.

A savoir : un vaste salon où est dressé un copieux buffet, des fauteuils
et autres divans, le tout jouxtant une ou deux dressing rooms où je ne
tente pas l’accès. J’y attends Bob qui me présentera peu de temps après au
Nuge. Je retrouve également sur place l’immense (par le talent) Tommy
Aldridge – le batteur du Nuge depuis deux tournées – ainsi que son
bassiste, tous deux en train de se sustenter et de se rafraîchir. Je m’installe
confortablement dans un des divans à leur côté, les imite et nous taillons une
petite bavette ensemble. Le Nuge arrive peu après, sortant manifestement de sa
douche, et vient à grandes enjambées saluer chaleureusement le seul intrus dans
cet environnement : moi ! Hey ! Are you lost in Quebec
?! me lance-t-il gaillardement !

On se serre la pince, et nous restons tous quatre quelques temps à deviser
aimablement autour du buffet tandis que j’entends les basses du concert de
Kiss qui vient de commencer traverser les murs. Combien dure
notre rencontre ? Je n’en sais trop rien. Longtemps – mais jamais assez.
Je lève le camp en même que l’assemblée, eux rejoignant leurs bus et moi m’en
retournant dans l’aréna pour prendre part à la fin du concert de Kiss – mon
premier concert de Kiss. Well, well : oui, Kiss a fait du rock’n’roll – et
même du très bon r’n’r – avant I was made for loving you. Il y a une
vie avant la vie, et il y a du bon et du vrai Kiss avant ce méga tube
planétaire mielleux et guimauve, avant ce coup de maître commercial surfant sur
la vague disco. Je quitte rapidement les lieux, juste avant la dernière note de
Kiss, pour conduire quelques miles et m’arrêter dans la proche banlieue
montréalaise : enfin une vraie nuit dans un vrai lit dans un vrai motel
après une vraie journée du tonnerre. Oufti !