
Le Ward'in Rock est à Werchter ce qu'un bal de village (avec
ses dérapages) est à une rave-party (avec ses excès) : c'est tout ce qui
fait son charme, mais il faut être du Plateau (ardennais) pour comprendre et
apprécier... L'édition 2010 a viré sa cuti electro-pop gentillette en
retournant à ses racines résolument rock'n'roll - du moins en ce qui concerne
l'affiche du vendredi. Et cette première journée se termine au milieu de la
nuit en un véritable feu d'artifice(s) - c'est peu dire - orchestré par
LE BAL DES ENRAGES. A propos de bal, c'est plutôt la
méga-kermesse ; et à propos d'enragés, il vaudrait mieux parler de
fous-furieux déjantés. Le collectif du BAL DES ENRAGES, créé
pour un temps seulement l'année passé, réunit les musiciens des meilleurs
groupes de la scène punk-alternative française (des aliénés sévissant dans
Lofofora, Punish Yourself, Tagada
Jones, Parabellum, La Phaze,...) et
termine sa saison à Wardin en atomisant le site par une prestation qui relève
de Bouglione mixé d'Alice Cooper, mâtiné d'un brin de Wampas et d'un
zeste de Mononc Serge.




Le collectif éphémère du BAL DES ENRAGES nous assène un final
total et hallucinant tant le spectacle - pardon : le show - est jouissif
sur scène... voire plus déjanté encore en coulisses pour les rares témoins de
ces moments surréalistes et décalés. C'est qu'en se relayant à une bonne
quinzaine pour partager alternativement la scène, il y en a toujours autant
backstage que sur les planches, ne sachant d'ailleurs parfois pas où commence
la scène et où se terminent les coulisses, les uns continuant à jouer et
délirer backstage alors que les autres sont sous les feux de la rampe. La
frontière est bien ténue entre le monde des projecteurs et celui de l'ombre,
entre la réalité et la fiction...! LE BAL DES ENRAGES, ça se
vit car ça ne peut se raconter. De la provoc, du sexe et du délire, du
sado-maso et des disqueuses, du trash et du feu, des sex-toys et du cuir, du
second degré et de l'humour, des excès et de l'alcool. LE BAL DES
ENRAGES, si c'est Barnum sur la scène et Sin City
backstage, c'est en servant néanmoins une set-list explosive faisant des trous
dans la tête jusqu'au poix chiche. La surprise du chef, sans équivoque possible
!








La tête d'affiche de la journée, LE PEUPLE DE L'HERBE, est
presque le cheveu dans la soupe, ou plutôt le brin d'herbe dans la goulasch -
comprendra qui pourra - malgré une prestation de haute tenue qui aurait récolté
tous les (mes !) honneurs sans la présence des Enragés.



S'offre précédemment sur la grande scène SHAKA PONK: l'autre
(bonne) surprise de la soirée pour ma part, avec un set aussi puissant que
visuel, aussi rock'n'roll que peaufiné. Un alliage de riffs et d'électro
derrière des mélodies bien solides de rock fusion avec un zeste de funk, un
soupçon de métal et un tsunami de gros son sous couvert d'une mise en scène
laissant la place belle à un leader des plus charismatiques secondé par une
black aussi efficace que... spectaculaire. Un tout grand moment pour ceux qui,
comme moi, découvraient ces Francais. Précédemment, SKIP THE
USE délivre une espèce de punk rock avec des relents d'un peu de tout,
en terminant leur set en beauté par un jam déjanté et surexcité du
meilleur goût avec SHAKA PUNK précisément.










Le punk hardcore de DAGGERS survolte l'autre scène suivi de
DRIVING DEAD GIRLS: un garage-rock bien senti qui se termine
par du lancer de guitare dans le public et du jump-dévérinage de batterie:
chaud-boulette pour annoncer l'arrivée de DO OR DIE qui
m'impressionne moins qu'en avril dernier - sans doute la cause à un son assez
pourave ou à l'effet de surprise qui n'est plus.





La journée du samedi ne peut atteindre les sommets de la veille, et c'est
dommage. By-pass sur les prestations de OVERMARS et de
FULL OF SUEDOISES notamment, avant de refaire avec eux le
monde backstage en soirée en alternant les sets de PIERPOLJAK,
RAPH, FELOCHE, ETE 67,
BALIMURPHY et autres SURFING LEONS.


Vient l'heure où monte sur scène BLACK BOX REVELATION. Le duo
détonnant se partageant batterie et guitare est à la hauteur des attentes et
insufflent à cette seconde journée la débauche de décibels et
d'attitude qui manquait presque jusque là. Si le terme de power-trio
sied à merveille à certains, l'appellation atomic duo colle-t-elle
parfaitement à BBR...!




Et ce n'est pas là dénigrer The MASH qui les précèdent,
annonçant les Hongrois de HANGMAS avec leur british-wave
totalement eighties assaisonnée de bons riffs bien solides qui donne un tout
très, très potable. Après les avoir ratés au Sziget à Budapest il y a 3
semaines, je suis aujourd'hui témoin de l'accueil que la Belgique réserve à ces
Hongrois avec la même ferveur qui a surpris tous les groupes Belges qui ont
marqué le Sziget de leur empreinte. Putain, putain, c'est vachement bien,
nous sommes quand même tous des Européens...



Tag - Feloche
samedi 4 septembre 2010
WARD'IN ROCK - 3 & 4 septembre 2010 - Wardin
Par "All the World is a Stage" le samedi 4 septembre 2010, 09:44