
J'ai toujours trouvé du plus haut ridicule ces photographes qui, te bousculant
presque, précipitent tout à coup leurs objectifs sur le bassiste, sur le
batteur ou sur le clavier qui se lance dans un solo... comme si les photos
tirées à ce moment précis avaient d'autres saveurs ! C'est presque faire
injure au jeu de ces musiciens en le réduisant à quasi néant à tous les autres
moments. Mais soit, la nature - ou plutôt la bêtise - humaine est sans doute
ainsi faite. Le Fiesta City Festival 2010 reste éclectique au
possible, comme son affiche le précise pour celles et ceux qui en douteraient
encore: 80 concerts sur 3 jours et 6 scènes, que je n'arpenterai pour ma part
que le samedi. En commençant fort d'ailleurs, avec un FOCUS
dont le line up comprend deux membres originaux remontant à la fondation du
groupe fin des sixties: Thijs van Leer & Pierre
van der Linden. Rock progressif en grande partie instrumental, c'est
un voyage dans le temps que le groupe néerlandais nous offre avec une touche
vintage du plus bel effet. Un peu décalé et un peu ouf, le
set est à l'image de l'Hammond de van Leer: scotché et rafistolé, on
voit qu'il a (bien) vécu et qu'il y a de la bouteille là-derrière !







Popa CHUBBY enfile ensuite son costume de maître de cérémonie,
et quelle relève mes gaillards : ce n'est pas un maître mais un dieu; ce
n'est pas une cérémonie mais une grand messe ! Et ce n'est pas non plus un
costume mais bien un blouson de cuir "New-York City Blues" qui annonce
franco la couleur, totalement en phase avec un gig bien plus rock'n'roll et
moins blues qu'il y a quelques mois à Arlon. Il nous sert un set en effet bien
plus énergique et plus graisseux que sa dernière prestation aux
Aralunaires, et nous offre une set-list éclectique au possible, à
l'image du festival. Séquence "tribute" : deux reprises de haut vol :
l'Alleluya de Jeff Buckley (repris certes de
Leonard Cohen) et, en clôture, l'aussi surprenant que
tonitruant... Ace of Spades de Lemmy ! Le tout
saupoudré d'un hommage à la mémoire de Stevie Ray Vaughan dont
le Popa se plait à rappeler qu'on célébrait les 20 ans de la
disparition hier.




Sacré Popa va: jamais deux fois le même, toujours aussi
imprévisible, jovial et hilare une fois qu'il a une gratte en main. Et
manifestement fier et satisfait de sa prestation à l'issue de celle-ci, au vu
de son large sourire faisant d'autant ressortir le caractère rebondi de sa
bonne bouille. Un concert de Popa CHUBBY, c'est comme
s'installer à une bonne table : quels que soient le menu et la carte, on
attend la surprise du chef en sachant qu'on ne sera de toute façon pas déçu. Et
quand le chef nous sort en plus le grand jeu, que du bonheur ce samedi à
Verviers...!





Tout passe, tout lasse. Passons donc rapidement sur la prestation de
MACHIAVEL qui ne me laisse pas sur ma faim mais bien de
marbre. Je me réjouissais pourtant de la perspective de mon premier concert de
Machiavel en 35 ans de formation - si, si : il existe
encore des Belges qui, à mon image, n'avaient pas encore assisté à un de leurs
shows ! J'aurais pu attendre 35 ans de plus... Sauf tout le respect que je
porte aux artistes - et plus particulièrement à ceux qui me lisent ici -
opinion tout ce qu'il y a de plus personnel et de plus subjectif. Mais bon,
c'est ainsi : en tout état de cause, ce samedi soir, les Serpents
Noirs ou Machiavel, c'est pour moi du pareil au même
(et Dieu sait si les Serpents Noirs m'ont pourtant fait vibrer
à une certaine époque... ;-). Le band de l'Homme à la plus belle voix du
monde (sic) - celui derrière les fûts - ne m'a pas transcendé, soit.
Well....

La cerise sur le gâteau s'appelle ce soir CANNED HEAT en
formation Woodstock. Verviers accueille en effet le "Canned
Heat Woodstock Reunite Tour 2010" puisque les 3 survivants ayant
participé aux fameux festivals de Monterey en 67 et de Woodstock en 69 sont
présents : Harvey MANDEL, Larry TAYLOR
et Fito DE LA PARRA. Un grand moment qui transpire à lui seul
l'histoire blanche du rock, du blues et du boogie: les classiques de
leurs classiques nous sont servis sur un plateau doré avec une bonhomie qui
suinte le blues revival des sixties et la période hippie sans pour
autant tomber dans la caricature. Les Papys font de la résistance :
résistance à l'usure du temps, résistance à l'oxydation des modes, résistance
au caractère versatile des courants et des tendances... Et des papys pareils
qui traversent le temps, les âges et les modes, on n'en fait sans doute plus
quand on observe ce qu'il adviendra dans les décennies à venir de la
bouillabaisse qui caractérise la scène musicale des années 2000. Merci les
gars, vous étiez aussi parfaits que dans la boue de Woodstock...










Avant de terminer la nuit au Spirit, petit tour vers une scène annexe
et un autre type de revival tout en puissance, sans pour autant
sombrer dans le nostalgique ni dans le pathétique mais bien dans l'énergique
bon enfant: HIGH VOLTAGE et son tribute to AC-DC. Insouciance
et bonne humeur, voire second degré à l'image des 8 faux Marshall en
carton qui font office de décor ! Second degré mais prime jeunesse,
didju...!
Tag - Fiesta City
lundi 30 août 2010
FIESTA CITY FESTIVAL - 28 août 2010 - Verviers - featuring FOCUS, Popa CHUBBY, CANNED HEAT...
Par "All the World is a Stage" le lundi 30 août 2010, 18:49
samedi 29 août 2009
FIESTA CITY FESTIVAL - 29 août 2009 - Verviers (Feat. SLADE, WHISBONE ASH, Mike SANCHEZ,...)
Par "All the World is a Stage" le samedi 29 août 2009, 20:57

12 heures de faction rock'n'roll avec d'entrée de jeu le gig des
PERPETRATORS, trio canadien en droite ligne venu de Winnipeg -
ce qu'on ne devinerait pas tant le français dont ils nous gratifient est
correct: sympa, les gars ! Chouette set sur la main stage (parlons
français comme ces anglophones: sur la grande scène donc) baignée d'un soleil
de plomb comme le fil du même nom. Et tant pis pour les absents qui ne savent
pas ce qu'ils ratent ! Nos gaillards remettent le couvert en after-party
en milieu de nuit sur la scène du Spirit qui leur convient mieux
encore que la grande scène du centre -ville. Il n'y a pas à dire, mais rien de
tels que l'intimité, la touffeur et la promiscuité d'un club (et quel club !)
pour apprécier ce blues-rock-boogie de ce lointain Montana. Mmh: ça hume bon le
Canada profond, ici. Vivement qu'on visionne ce concert filmé sous toutes les
coutures...



ABBEY ROAD prend le relais, remplaçant au pied-levé un
Machiavel ayant déclaré forfait en dernière minute. Moi qui me
réjouissais d'enfin voir Machiavel live on stage, non pas que leur production
me séduise particulièrement, mais bon: il est des choses qu'il faut en bon
Belge avoir vu au moins une fois, et aussi loin que ma mémoire remonte, je ne
me souviens pas les avoir vus. Quoique.... ABBEY ROAD coincé
entre les PERPETRATORS et Mike SANCHEZ: l'exercice n'est pas aisé, mais le band
n'est pas né de la dernière pluie et s'en sort (très) haut la main avec un
final à rallonge littéralement ex-plo-sif, comme porté par un public conquis et
en pleine Beatlemania. Les Beatles, ce doit être comme le chocolat (ou
l'Orval...): même quand on est au régime ou qu'on en est rassasié, on tombe
sous le charme, on se laisse aller et l'on se surprend à savourer et à en
redemander...!


Mike SANCHEZ, oufti ! La surprise du jour en ce qui me
concerne, l'excellente surprise du chef même. L'ayant raté plus d'une fois dans
un Spirit surchauffé, je mesure mon erreur. Deux cuivres, une contre-basse, une
guitare et une batterie pour accompagner ce fou-furieux posé devant son clavier
installé perpendiculairement au public en front de scène. Show chaud. Chaud
show. Chaud devant: l'homme hilare et aux doigts magiques nous offre une
prestation de toute beauté en mouillant son trois-pièces comme pas deux
(pièces) transformé en une éponge imbibée en fin de set. Entre Fats
Domino et Jerry Lee Lewis, mon coeur balance! A
l'issue d'un court rappel concédé par les organisateurs (je ne sais pas comment
le public aurait réagi dans le cas contraire...), il quittera la scène,
emportant son clavier sous le bras et fixant rendez-vous au public pour une
longue séance de dédicace. Question que j'ai oublié de lui poser: un costume
trois-pièces, ça résiste à combien de lavages, M'sieur...?





WISHBONE ASH: les habitués de Verviers sont fidèles au
rendez-vous. Les standards qu'ils nous offrent également. Le concert parfait
itou, idem la set-list - rien à redire: les professionnels sont de la partie.
Mais manque pour moi l'éclat magique, le petit grain de folie, le dérapage
contrôlé qui fait d'un concert un véritable show. Le quatuor est irréprochable
et prend manifestement plaisir à retrouver Verviers qui le lui rend d'ailleurs
bien également, mais manquait l'étincelle - ou plutôt elle n'est restée
qu'étincelle et n'a pas allumé mon feu. Next time, maybe, next time.... Sorry
guys.





SLADE is not Far Far Away: he's back home ! ''All right
everybody, Let your head down, I want to say everybody get on of your seat Clap
your hand and step your feet Get down and get with it'' ! Le band reste
aussi déjanté qu'il y a 6 mois à Limbourg... et autant qu'à sa grande époque
certainement. Même si tout cela n'est peut-être qu'artificiel il n'en demeure
pas moins que cette spontanéité, cette fraîcheur et ce bol de bonne humeur sans
doute bien orchestrée restent d'apparence si naturelle que c'en est un
véritable plaisir. Et c'est le principal pour soulever les foules: aucun tube
n'est oublié, aucun refrain n'est ignoré des milliers de spectateurs rassemblés
au pied de la grande-scène - et ayant connu pour la plupart les semelles
compensées et les autres artifices de la plus kitch de toutes les périodes,
celle du glam-rock anglais. Oufti, merci les gars !






Le show des PERPETRATORS qui remontent sur scène au
Spirit en milieu de nuit pour clôturer la journée n'éclipse pas les
autres scènes de la ville, ni surtout les autres bands qui ont arpenté la scène
du 66, je pense plus particulièrement à Teddy Beer et son rock
décalé (déjanté?), et surtout à Loveless Age: chapeau les
filles, votre reprise de Moonlight Shadows du grand Rory.....

samedi 30 août 2008
FIESTA CITY Festival - 30 août 2008 - Verviers
Par "All the World is a Stage" le samedi 30 août 2008, 21:17
Fiesta City, c’est le Marché de Noël à Verviers en plein été ! Entre
chalets à peckets, à charcuteries et à bières spéciales – quand pas
toufailles et autres tartiflettes, HIGH
VOLTAGE nous refait une démonstration de toute beauté :
assurément un des meilleurs tribute band que je connaisse – vivement
la tournée des vrais l’année prochaine.
Photos (c) - Use only
with mention of www.intensities-in-tens-cities.eu

Précédemment, les jeunots (et papa) de The BREW nous
assaisonnent une claque semblable à celle de début d’année au Spirit. Une
illustre inconnue pour moi, CONNIE LUSH, délivre sur la grande
scène un blues chaud au possible avec une voix de derrière les fagots et un
band qui assure pas mal la rythmique quand il s’agit de devenir rock’n’roll
également.
Photos (c) - Use only with mention of
www.intensities-in-tens-cities.eu 
A part l’un ou l’autre moment, MANFRED MANN EARTH BAND me
laisse sur ma faim mais je semble être le seul dans le cas – avec le fiston -
au vu des milliers de personnes rassemblées comme un seul homme sur la
place.

Par contre, TEN YEARS AFTER est grand. Grand et bon :
quelle pêche ! Pas une ride, leur musique n’a pas pris une ride, et les
musicos à peine plus. Excellent set, rien à redire : j’avais peur d’un son
qui aurait mal vieilli ou de compos qui auraient mal supporté l’épreuve, mais
non : que du contraire. Oufti !
Photos (c) - Use only
with mention of www.intensities-in-tens-cities.eu

samedi 1 septembre 2007
FIESTA CITY FESTIVAL - 1er sept. 2007 - Verviers
Par "All the World is a Stage" le samedi 1 septembre 2007, 11:59

Dans les rues de Verviers et sur la place qui fait face au Spirit, un
weekend de concerts gratuits. A l’affiche parmi d’autres combos sur
scène : SUCH A NOISE qui (se) fait plaisir à revoir
live on stage en début d’après-midi à l’occasion de ce qu’on peut
appeler un come back. Ca rock ferme, ça swingue sympa, et ça blues
méchamment : cool, les gars, très cool. Et puis, c'est sympa d'entendre
dans la sono mon arrivée en famille remerciée...!

Alain Pire & Cie prépare ainsi admirablement bien le terrain pour
Dr. FEELGOOD qui monte sur les planches plus tard dans la
journée, costards-cravates de rigueur, noir et blanc de circonstance. Dr.
Feelgood, on ne s'en lasse jamais...

SWEET qui s’en suit en milieu de soirée est pathétique et fait
presque mal au cœur à voir : que tout cela me semble anachronique,
artificiel, réchauffé et… faux. Le band fait penser à un malade
irrémédiablement condamné qu’on s’acharne en soins palliatifs à maintenir en
vie coûte que coûte. M’enfin, je ne pense pas que mon point de vue soit partagé
par l’ensemble du public présent qui semble manifestement apprécier chaque
morceau – et c’est peu dire. Mais on comprend bien que le temps a dû s’arrêter
pour certains dans cette quatrième dimension, ainsi que la mode, les soins
dentaires et capillaires, la diététique et tout simplement le bon goût dans cet
espace-temps que je n’arrive pas à identifier. Il ne manque plus que les
tongues et les marcels pour se croire ailleurs.
Je me force à attendre BARCLAY JAMES HARVEST qui clôture la
soirée : tant qu’à faire, autant boire le calice jusqu’à la lie. Je ne
tiens néanmoins pas le coup très longtemps, préférant reprendre rapidement la
route du retour dès le second morceau de BJH mais non sans un crochet par le
Spirit où le festival off a au moins le mérite de faire
découvrir quelques excellents talents (de demain… ?) et autres tribute
bands.
