
SCORPIONS quitte (soi-disant) définitivement le circuit après
40 ans de scène. Mais avant de remiser les instruments dans leur placard doré,
les Teutons entament une tournée mondiale d'adieu qui va durer 3 ans (!) en
promotionnant par ailleurs leur récent album - le dernier avant celui de trop,
certainement (déjà qu'ils auraient pu arrêter pour moi il y a 20 ans...). La
dernière occasion donc de les voir en Belgique, qui plus est à Mons dans le
cadre du 1er et surprenant POWER PROG & METAL FESTIVAL.
C'est pas que le prog, le métal et le gothique soient ma véritable
tasse de bière, que nenni, mais l'occasion faisant le larron: open your
mind ! Festival remarquable en terme d'organisation et de timing, rien à
redire: chapeau, les Doudou. Quelques instants après avoir eu la chance de
tailler une courte bavette avec SCORPIONS, les voilà-t-y pas
qui déboulent sur scène en fin de soirée, surgissant de sous le podium de la
batterie dans un halo de lumière éblouissante tip-top à l'heure convenue.

Et c'est parti mon kiki pour une kyrielle de tubes qui, sans doute, ont été
pour beaucoup ce soir le motif d'effectuer le déplacement. Car à côté des
habituels "graisseux", le bon peuple propre sur lui est également de
la partie: étonnant public contrasté et hétéro (clite ou gène) que celui-là. La
machine teutonique est bien huilée et nos chevaliers du même nom casques à
pointe ne se privent pas d'arpenter l'impressionnante scène de long en
large et d'en rajouter en veux-tu en-voilà: décidément, les frères
Schenker ne se ressemblent pas et n'ont que le nom en commun -
à se demander s'ils ont le même père. N'empêche: à l'instar d'Aerosmith pour
n'en citer qu'un, il est des groupes qui pour moi n'ont plus fait que de la
choucroute depuis 20 ans (même si pour des Allemands, préparer une
kolozale choucroute doit être une volupté de fin gourmet). Pour rester
dans le registre culinaire, purée que c'est bon ce qu'ils ont pu nous pondre
naguère quand ils avaient la frite ! Dommage que tout le monde ne vieillit
pas comme il a vécu - bien que la soirée me replongerait presque dans un
Tokyo Tapes du meilleur cru...







Avec 17 bands à l'affiche, ma journée commence début d'après-midi avec
HAIRCUTS THAT KILL, bruyant mais franchement inodore, incolore
et insipide. S'en suit du bien lourd métal/gothique tendances trash/death, bref
du n'importe quoi serais-je tenté d'écrire: PYTHIA, un
apéritif costaud qui me met directement au diapason. En provenance d'Angleterre
avec tout le toutim et le decorum de circonstance: visuellement intéressant,
musicalement dispensable quoiqu'intéressant comme expérience. En tous cas, plus
consistant live on stage que sur CD au coin du feu.. MAX
PIE prend la relève sur la seconde scène avec du métal progressif -
parait-il. Sympa, même si ça ne mange pas de pain et qu'ils n'ont pas inventé
le fil à couper le plomb, comme dirait l'autre. Mais bon, à petite dose malgré
tout car limite soporiphique au-delà de la demi-heure - comme tous ces bands
qui jouent certes bien, très bien même, mais qui n'apportent finalement rien à
la Musique et que l'Histoire oubliera sans doute de manière ingrate tout aussi
vite.




Nettement plus intéressant, VIRUS IV prend la relève et
c'est pour moi la surprise du chef. L'une des plus belles réussites du métal
belge - comme si Cockerill le faisait face à Arcelor Mitall - et qui cartonne
bien au-delà de nos frontières et de nos mers. Des riffs entraînants sur une
section rythmique en béton: une pure perle de puissance condensée de power
métal mélodique, avec de surcroit une voix féminine qui sur-plombe le tout, à
la fois puissante et chaude comme une baraque à frites (si, si, c'est un
compliment). D'inspiration Rammstein, dirions-nous, mais bien plus aérien, plus
subtil et bien plus suave. Et cette superbe reprise de Such a Shame de
"Talk Talk" qui déchire un nouveau trouduc au monde, quelle merveille de
lourdeur et de douceur ! Superbe set. Chapeau, Virus (et bottes de
cuir).





Après un petit tour via les dressing rooms pour faire un rapide coucou
à DREAMSCAPE notamment et saluer ensuite au détour des
rencontres la sensuelle mais ô combien destructrice Magali de VIRUS
IV, au tour de DO OR DIE. My God, quelle claque,
quelle dégelée ! Un hardcore féroce qui ravage tout sur son passage avec
deux lead vocals à l'allure de méchants rappeurs qui arpentent la
scène comme des fauves en cage - quelle énergie, quelle débauche, quelle
brutalité: un "Hatebreed" bis, ou même pire encore. Et tout cela se termine
avec potes et jeunes enfants qui déferlent sur moi depuis le backstage pour
s'offrir un pogo sur scène dans un final apocalyptique. Chapeau les gars: on ne
peut pas dire que c'est beau, mais purée que ça fait du bien ! Oufti que
c'était chaud-boulette, là.


Au tour d'IVANHOE ensuite. Je souris intérieurement en les
observant longuement faire les cents pas avant de monter sur scène, tournant
presqu'en rond autour de moi et semblant répéter intérieurement leurs moindre
gestes et paroles. Comme des gamins qui s'apprêteraient à monter sur scène pour
la première de leur pièce de théâtre à l'école. Surprenant - pourtant, ce n'est
pas la bouteille qui leur manque. Leur show, par contre, me laissera quelque
peu sur ma faim. Dommage, mais rien de surprenant de la part d'un band qui se
revendique de la droite lignée de Dream Theater.



