
Find & spread the good words, tell the world SZIGET is
NOT a festival like all the others !". Ainsi ne parlait pas Zarathoustra
mais bien les deux organisateurs au panel d'une douzaine de journalistes
européens choisis parmi tous ceux présents et qu'ils invitent pour l'occasion
backstage. Manière également de recueillir en toute décontraction nos
impressions, conseils et feedback autour d'une bonne table. Et pas n'importe
laquelle, dans le sein des seins du festival: le cossu restaurant climatisé
spécialement installé et aménagé pour y accueillir les têtes d'affiche, en
contre-bas à l'arrière de la main stage, sous les ordres de la toque
étoilée diligentée du seul chef quotté Michelin en Hongrie...


Le ton est donné, le SZIGET Festival de Budapest n'est
définitivement PAS un festival comme les autres. Il ne se raconte pas non plus:
il ne peut que se vivre, dans la paix et l'harmonie. Comme le font les
près de 400.000 personnes (382.000 exactement cette année) qui arpentent le
site du (quasi) plus grand festival d'Europe 6 jours durant, Prenant possession
de toute une île située sur le Danube entre Buda et Pest. le
SZIGET n'est pas rien qu'un festival: c'est une ville éphémère
avec magasins, hôpital de campagne et autres infrastructures de premières
nécessités pour 400.000 personnes. Une ville totalement articulée et
intégralement organisée autour de 13 (!) scènes animées par 400 artistes et
groupes venus du monde entier. Scène reggae, scène jazz, scène pop mais aussi
rock, métal, électro, funk, blues, slam, hip-hop... il y en a pour tous les
goûts. En ce compris de vastes aires dédiées au théâtre, aux spectacles de rue,
à la peinture, aux jeux en tous genres, à la danse, au cirque mais aussi à la
world music et où divers groupes d'opinion sont présents par le biais
de multiples spectacles ou activités proposées aux festivaliers. Coup d'oeil à
cet Impressionnant mais partiel programme ?

Sans parler des diverses et impressionnante party areas qui parsèment
le site pour faire durer la fête jour et nuit. Tout ce joyeux mic-mac draine un
public bigarré au possible, varié, multiculturel et de tous ages, venant en
groupe ou en famille des quatre coins du continent et même de plus loin: c'est
que le concept SZIGET comprend également des trains et des
avions spécialement affrétés depuis certains pays européens ! Car une
caractéristique supplémentaire du SZIGET, ce sont ses prix
plus que démocratiques: une volonté chère aux organisateurs d'en garantir
l'accès au plus grand nombre possible de Hongrois, et faisant dès lors le
bonheur des autres nationalités européennes au niveau de vie plus élevé.
L'entrée quotidienne à 45 € et le prix du 1/2 litre de bière à seulement... 2€
donnent le ton - sans parler de toute le reste à l'avenant.
Le SZIGET, c'est donc un genre de Woodstock des temps
modernes. Ou mieux encore, à écouter FAITHLESS, "une
version encore améliorée d'un Glastonbury", abrité sur une île arborée et
boisée qui regorge de coins et de recoins, où les tentes des campeurs se
disputent joyeusement la place aux scènes de manière absolument surréaliste, où
les party areas côtoient les stands en tous genres, et où tout ce
mixte de fausse désorganisation et de vraie spontanéité cohabite dans une
promiscuité savamment organisée et sous couvert d'un nonchalant mais faux
laisser-aller totalement inconcevable dans le cadre d'un quelconque autre
festival européen. L'étendue de cette vaste île joliment plantée de bosquets ne
laisse par ailleurs pas supposer que des dizaines de milliers de festivaliers
arpentent ses chemins tortueux et ombragés. Le SZIGET n'est
donc pas uniquement un festival, c'est une ville dans la ville, c'est une ville
des arts en tous genres dédiée à la fête et à l'expression la plus libre qui
soit de la spontanéité du genre humain, mais articulée avant tout dans et
autour d'un festival résolument rock...




Invité par les organisateurs à témoigner de cette réalité, c'est sous la
houlette de l'actuelle Présidence Belge de l'Union Européenne (soutenant ce
festival) et par l'intermédiaire de la Chancellerie de notre Premier Ministre
que j'arrive sur place vendredi midi: l'accueil réservé par les organisateurs -
une formule all inclusive - est plus que parfait. M'attendent en outre
les différents pass nécessaires pour accéder aux diverses zones du
site réservées aux happy few. Ralliant le site en compagnie de
l'équipe RTBF présente sur place, je préférerai par la suite les 40 minutes
d'une agréable croisière sur le Danube pour effectuer les aller/retours entre
mon hôtel et l'ile du Sziget Festival ("sziget" signifiant
"île" en hongrois). Par le passé, c'est en Hongrie que j'ai connu mes étés
européens les plus torrides: 2010 n'échappe pas à la règle, et la température
suffocante dépassant les 30° conditionne également une affluence massive à
l'occasion de cette 18ème édition. La météo n'est pas tout: attirer de grosses
pointures en tête d'affiche est et reste une préoccupation majeure pour les
organisateurs, expliquant drainer par-là les jeunes de toute l'Europe et plus
particulièrement les très jeunes - leur business target actuelle,
assurance-vie pour l'avenir et garantie de pérennité pour le festival.


IRON MAIDEN, MIKA, MUSE,
THIRTY SECONDS TO MARS, MADNESS,
FAITHLESS, PIL, KASABIAN,
DANKO JONES, The SPECIALS et bien d'autres
encore honorent ainsi de leur nom la tête d'affiche 2010, sans parler des
dizaines d'autres parmi les centaines de noms proposés: NINA
HAGEN, PAPA ROACH, CHARLIE WINSTON,
PARADISE LOST, BAD RELIGION, MONSTER
MAGNET et bien plus encore, dans les registres les plus divers qui
soient et qui ne me sont pas particulièrement familiers.



Ma première journée se partage entre l'espace VIP full confort &
rafraichissant (air conditionné & catering...) en bordure de la main stage,
et les diverses zones réservées aux photographes accrédités au pied des
multiples scènes. PAPA ROACH laisse une forte impression
rock'n'roll en fin d'après-midi sur la grande scène devant un public métal tout
acquis à la cause des Ricains. Une sono puissante, un soleil de plomb et une
touffeur écrasante assomment les organismes qui n'ont peut-être pas tous été
préparés à la chose...


Le coup de coeur de ma journée sera le set de Charlie WINSTON
qui me surprend très agréablement. A la fois soul et pop, sa prestation me
séduit au point d'y assister jusqu'à la dernière note alors que mon timing
prévisionnel me destinait à arpenter d'autres scènes durant ce même temps. Un
orage d'une extrême violence, aussi bref que dévastateur, se déclare vers
minuit, annoncé par l'étouffante et insupportable chaleur de la journée. Les
éléments seront à ce point déchainés que le concert de Winston est un moment
interrompu, le toit du chapiteau géant prenant l'eau à un endroit précis
exposant dangereusement la table de mixage. Présent sur place, je suis un court
instant réquisitionné pour prêter main forte aux roadies en nombre insuffisant
à ce moment précis pour reculer dans la précipitation la dite table de quelques
mètres. Il en faut plus pour déstabiliser Winston qui remonte
ensuite sur scène et clôture peu après son set par un petit stage diving tout
en beauté dans le public. Un court extrait vidéo ?
http://www.youtube.com/watch?v=8XgQrwwgjTM




Cependant, ce sont les Flamands (... et encore Belges) de VIVE LA
FETE qui m'assènent préalablement la claque de la journée: une toute,
toute grande prestation qui met le feu dans un public dense et compact où
quelques drapeaux belges ont cette fois la part belle. Chantant en français
(?!), ils démontrent un style bien particulier à mi chemin entre Human
League et... Black Label Society (si, si !),
appréciation toute personnelle de ce band pour le moins aussi efficace que
visuel (avec sa pour le moins pulpeuse chanteuse). Et les bons moments passés
ensemble backstage avec Charlie Winston (dont la loge jouxte
celle des Flamands) qui s'invite dans la rigolade n'est pas non plus le moins
bon de mes souvenirs: comme il m'apprend qu'il joue à Bruxelles demain, on est
quasi entre Belges...



Ces moments compensent le set de MIKA qui me laisse comme
pressenti tout à fait indifférent, au même titre que celui de THIRTY
SECONDS TO MARS. A l'affiche pour attirer les festivaliers les plus
jeunes - business target - ces prestations peu r'n'r sont bien mièvres
et surtout trop proprettes et gentillettes à mes oreilles, celles-ci préférant
la lourdeur de ENTER SHAKIRI ou encore de PARADISE
LOST qui partagent d'autres scènes pour n'en citer que quelques
uns...




Le samedi s'annonce chaud, et de fait: sur la grande plaine et sous un soleil
de plomb, s'organise en début d'après-midi la répétition générale pour le
flash mob géant annoncé au programme. Du haut de la main stage où je
me poste, le spectacle et l'ambiance sont en effet des plus impressionnants. Se
succéderont ensuite sur cette scène principale les Italiens de
SUBSONICA puis notamment l'ersatz hongrois d'Iron Maiden, en
l'occurrence le band actuel n°1 en Hongrie: TANKCSAPDA.




Petit tour préalablement par ZORALL qui explose la MTV
Headbangers Stage...


Attablé backstage avec les organisateurs dans le (mal) insonorisé
étoilé Michelin en contre-bas de la grande scène alors que
TANKCSAPDA y met le feu, je ne profiterai que partiellement de
la prestation de Tankcsapda bien que retransmise sur les
différents écrans installés dans le restaurant, les salons, espaces jeux, bars
à oxygène et autres espaces-massages bordant la main stage. Je quitterai ce
(néanmoins bruyant) cocon au moment où arrivent THE headliners de la journée,
croisant au passage Steve Harris et deux de ses comparses que
je n'avais pas vu arriver et qui s'engouffrent dans une des loges de
Maiden. Une des loges car entre celle du dressing room, celle
de la production, celle pour leur échauffement, et d'autres encore, la
Maiden Area est en effet un alignement de quelques portes flanquées de
deux vigiles aussi impressionnants que superflus dans cette enceinte sécurisée
et à l'accès pourtant des plus contrôlés. Pas l'occasion donc de tailler une
bavette avec eux, et pas opportun non plus d'attendre qu'ils montent sur scène:
ce ne sera certainement pas le moment de les aborder. Direction donc
CALVIN HARRIS pour ma première expérience d'un vrai
show électro dans la Party Stage Arena (tout un programme...) avant un
bain métal avec KAMELOTT sur une autre scène encore (la
MTV Headbangers Stage). C'est que le rideau vient de tomber sur la
scène principale à l'issue de la performance d' IRON MAIDEN.
Le concert a débuté avec un son des plus mauvais et des retours défectueux:
bonjour le savon qu'ont dû recevoir certains lorsque par deux fois c'est un
Bruce Dickinson furax de chez furax qui est sorti de scène
pour en faire part à qui de droit... La set list réservant la part belle à
leurs dernières et récentes productions a par conséquent laissé peu de place
pour leurs grands classiques: si c'est pour le plus grand plaisir de leurs fans
sans aucun doute, c'est nettement moins le cas pour moi qui ne relève pas de
cette première catégorie.


La croisière du retour sera agréable sur un Danube aussi large que calme,
quittant cette "ile de tous les plaisirs" pour rejoindre mon hôtel dans le
centre ville. La chaleur moite de cette fin de nuit procure encore bien du
plaisir aux fêtards et autres touristes arpentant massivement les rues
étrangement bondées à une heure où les honnêtes gens sont pourtant sensés être
dans les bras de Morphée, et les moins honnêtes sur cette "Ile de tous les
plaisirs". L'ambiance de Budapest est bien celle qu'on dit. Celle du
SZIGET quant à elle reste à vivre et n'est définitivement pas
à raconter...

Tag - Paradise Lost
samedi 14 août 2010
SZIGET Festival - Août 2010 - Budapest (Hongrie)
Par "All the World is a Stage" le samedi 14 août 2010, 21:47
dimanche 28 juin 1998
GRASPOP METAL MEETING - 28 juin 1998 - Dessel
Par "All the World is a Stage" le dimanche 28 juin 1998, 15:55

Une vaste prairie, trois scènes, et des dizaines de milliers de t-shirt noirs
ou de blousons de cuir de même couleur : le décor est planté, le spectacle
est impressionnant ! La faune est à la hauteur de l’affiche :
bigarrée et colorée, puissante et variée. Je retrouve Primus
(après les avoir vus à sept reprises lorsqu’ils ouvraient pour Rush) sans
tomber à nouveau sur leur charme. Dream Theater me semble
toujours aussi soporifique, avec l’inconvénient majeure supplémentaire que je
pensais – a tort - que leur jeu live donnerait un peu plus de vie, de corps, de
chaleur et de cœur à leur musique froide au possible. Erreur : cette
prestation me semble sans âme ni vie, bien qu’ils restent des musiciens hors
paire et d’exceptionnels techniciens - mais de là à dire qu’ils sont
charismatiques et que leur musique parlent aux tripes, non. Définitivement non…
La toute grande foule est là pour le Sabbath, pour Black
Sabbath qui aligne ici son line up originel et original :
l’événement musical de l’année ! Ozzy, au micro, chauffe
le public depuis le backstage avant même le commencement du show :
« Do you fucking hear me ? ». Le concert est à la hauteur des
espérances, de toutes les espérances : nous vivons un véritable moment
d’anthologie ! Le double CD live qui succédera à cette tournée s’appelle
« Reunion » - et le titre correspond admirablement à la réalité.
L’image du jour ? Notre brave Ozzy qui se déculotte et
expose ostensiblement son postérieur aux 50.000 paires d’yeux. Un classique,
allez-vous me rétorquer. Effectivement. Mais jusqu’au moment où Ozzy dépose son
micro pour bien écarter les fesses de ses deux mains…
