
Nous sommes le surlendemain du concert de Paris. On arrive relativement tôt à
l'Hôtel Pullitzer d'Amsterdam, manière de ne pas louper ce rendez-vous
his-to-ri-que : une demi-heure en tête-à-tête avec Neil, dans un salon
privé de ce superbe hôtel, à l’occasion d’un interview pour le compte d’un
hebdomadaire belge. Première anecdote – et de taille : attendant dans le
hall de l’hôtel le moment de nous annoncer auprès du tour manager, qui voit-on
arriver ? Neil himself qui déambule dans le hall d’entrée et qui,
plus qu’étrangement, se dirige tout droit et d’un pas décidé vers les deux
anonymes que nous sommes, installés dans les fauteuils ! Il nous salue
d’un simple et direct « Hi ! » en nous serrant la pince
fermement avant de nous fixer rendez-vous dans quelques instants lorsque
l’heure du rendez-vous sera arrivée quand nous lui apprenons que nous sommes là
à cette fin… Je suis finalement seul à l’interviewer dans un petit salon isolé
dans un recoin de cet hôtel de (grand) luxe. Face-à-face historique avec Neil,
vêtu d’un jeans et d’un t-shirt Pearl Jam, décontracté au possible
pour un exercice qu’il évite pourtant – à l’inverse de ses deux comparses plus
habituellement en charge de cette « corvée » : le rendez-vous avec la
presse. Ayant emprunté un dictaphone pour l’occasion, Neil me l’ôte des mains
pour le mettre lui-même en marche, me voyant aux prises avec cet appareil dont
le maniement ne m’est pas familier : sacré Neil, va ! Quelques bons
moments ensemble, quelques questions qui semblent le surprendre par leur teneur
bien pointue, quelques rigolades aussi : il apprécie manifestement un
interviewer qui l’emmène hors des sentiers battus, sur des thématiques et des
aspects dont il est doit être peu coutumier. J’ai sous les yeux ma liste de
questions dans laquelle je circule au fur et à mesure de notre conversation et
des thématiques qu’il aborde lui-même, improvisant davantage une conversation
interactive que réalisant un interview en bonne et due forme. Neil fume comme
un dragon et il ne nous manque qu’une bonne bière pour planter un véritable
décor convivial. Longue poignée de main qui semble durer une éternité au moment
de se quitter, Neil me gratifiant d’un « Nice talk ! » à
l’issue de notre rencontre après m’avoir demandé mon nom pour la dédicace sur
le tour book dont je m’étais muni à cette fin. « Mick »,
lui réponds-je, puisque tel est mon identité du jour… !

Je me vois gratifié d’un pass photo pour le concert sold out du soir
même à l'Ahoy de Rotterdam : voici dès lors un cliché de celui en
face de qui j’étais pas plus tard que l’après-midi même dans un bien bel hôtel
d’Amsterdam… Oufti !
Tag - Peart Neil
dimanche 3 mai 1992
Neil PEART (interview) - 3 mai 1992 - Amsterdam
Par "All the World is a Stage" le dimanche 3 mai 1992, 22:39
