
Ted Nugent 2 de 2: Une nuit blanche au volant pour filer depuis Londres sur la
Suède via Calais, la Belgique, l’Allemagne, le Danemark et enfin la Suède où
nous arrivons vers minuit.

L’été suédois est splendide, le paysage traversé également. Mon premier contact
avec ce pays nordique me laisse une impression grandiose. Nous passons la nuit
à la belle étoile, dans un sous bois distant de quelques kilomètres seulement
du lieu du festival. Le ciel est clair en ce milieu de nuit, la température
anormalement douce ; impressionnant ! Nous parvenons sur les lieux du
festival en milieu de matinée, dans un décor champêtre de rêve et sous un
soleil de plomb : la journée s’annonce d’ores et déjà longue et chaude,
chaude et longue !


Au moment de me diriger vers les guichets afin d’aller y chercher mon pass (…
je suis à nouveau invité par le Nuge), c’est son Tour Manager que je n’avais
pas vu qui, m’apercevant, m’accoste tout de go et me refile le précieux
sésame : le monde à l’envers, presque ! Mon backstage pass "TED
NUGENT GUEST - Access Red Stage" bien visiblement accroché, nous pénétrons dans
l’enceinte du festival.

Quatre scènes bien distantes l’une de l’autre, dans une espèce de clairière
légèrement vallonnée au milieu de sous bois de pins et autres résineux. Un
décor idyllique pour un festival dont l’affluence est limitée à 25.000
personnes pour des raisons de confort et de sécurité : surréaliste !
Nous étrennons notre backstage sur la scène principale en assistant depuis les
coulisses au concert de Magnum. Un chouette moment :
durant le solo de batterie, les guitariste, chanteur et bassiste en train de se
fumer une cigarette en devisant joyeusement backstage entre eux comme s’ils
étaient à la pause-café au bureau… Et lorsqu’est venu le moment de quitter la
scène à l’issue de leur set, nos compères s’en retournent dans leurs
appartements les mains dans les poches et la cigarette au bec, indifférents aux
cris de rappel et applaudissements du public qui réclame son rabiot. Nous
déambulons backstage et croisons les différentes formations à l’affiche,
jusqu’au moment où arrive le Nuge et tout le clan Nugent. On se serre la pince
et échangeons quelques mots sur l’herbe avant de nous séparer et nous fixer
rendez-vous à plus tard. "Dr Rock", animateur d'une Classic Rock Radio
locale me demande de lui tirer le portrait en compagnie du brave Ted qui se
plie au cérémonial. Je m'exécute aussi... à la condition expresse qu'il me
fasse ensuite parvenir le cliché par mail !

Je reste un bon moment avec Sasha et Toby,
laissant Shemane et Rocco suivre le Nuge dans
une des cabines-containers climatisées faisant office de dressing room
pour chacun des bands présents. Je rate le concert de
Motorhead qui se tient sur la seconde scène, préférant rester
dans le Village VIP afin de ne pas rater le Nuge lorsqu'il sortira
prendre l’air. Et de Motorhead je ne rate que l’image, pas le son : la
sono est à ce point puissante qu’il est difficile de se parler alors même que
la scène où se produit Lemmy est distante de deux ou trois cents mètres. C’est
dire si Lemmy is still Lemmy ! Quelques photos prises pendant ce temps
dans village – Tommy et Marco (la
rythmique du Nuge),

les fantasques d’Hanoï Rocks entourant la marraine du
festival, Mme Lynott herself (la maman de
Phil),

et même Max Cavalera qui est tout excité comme moi d’observer
le Nuge monter sur scène le moment venu, précédé de Toby et du Tour Manager,
suivi de femme et autres enfants (quand on parle du clan Nugent, ce n’est pas
un vain mot). Toutes ses Byrdland sont bien au rendez-vous, prêtes à
exploser...

Le concert du Nuge sera – subjectivement – excellent, et je m’empresse de
repartir backstage quelques instants avant la fin du show pour assister à sa
descente de scène.

Il s’en retourne d’un pas pressé vers sa dressing room distante d’une
centaine de mètres escorté par son Tour Manager, sa femme et le fiston,
n’arrêtant pas d’éructer son autosatisfaction en me prenant à témoin, sous
l'oeil amusé de Max Cavalera encore et toujours là (sur le
cliché à l’arrière plan)…

Je reste pas mal de temps à discuter avec la famille Nugent qui déambule dans
la douceur – pardon : dans la chaleur – du soir tombant. Et c’est aussi
une façon de parler, au vu de la luminosité ambiante au plus profond même de la
nuit. Lorsque Ted les/nous rejoint, c’est au moment quasi de quitter les lieux
pour d’autres cieux – en l’occurrence leur hôtel avant de regagner les States
le lendemain. Je reste en leur compagnie en assistant le moment venu à
l’embarquement de tout le matos et de tout le personnel dans le bus. Et au
moment où celui-ci s’apprête à démarrer après avoir embarqué la famille Nugent,
les musicos, le crew, le Tour Manager (et même le Manager historique de Ted,
Dough Banker, qui a fait expressément le déplacement depuis les States), au
moment donc où le bus se prépare à effectuer ses premiers tours de roues, le
grand Ted de se lever de son siège pour… descendre et venir me saluer en me
serrant la pince en guise d’adieu – ou plutôt d’au revoir. Surréaliste. Que
ceux qui prétendent que le Nuge est un mec difficile et inabordable tournent
sept fois la langue dans leur bouche – plus convivial et plus simple que ça, tu
meurs !

Michael Katon rivalise avec une invasion de moustiques sur une
petite scène annexe: les moustiques auront finalement raison de moi... La
soirée se termine par Saxon sur scène dont la sono troue
littéralement la quiétude nocturne sous un ciel encore clair au plus profond de
cette nuit estivale nordique. Quelle journée ! La nuit est courte, allongé
tantôt dans la voiture garée au milieu de l’aire de camping, tantôt dans
l’herbe lorsque les premiers rayons du soleil chaufferont la carrosserie. Une
longue route nous attend pour redescendre plein sud, la tête pleine de
souvenirs, les oreilles pleines de décibels, les yeux pleins d’images…
Tag - Rage
samedi 8 juin 2002
Ted NUGENT - 8 juin 2002 - Sweden Rock Festival
Par "All the World is a Stage" le samedi 8 juin 2002, 16:18