
Non, non: on n'a pas amené Johnny Winter sur scène. Non, on ne
l'a pas installé sur sa chaise on stage, non. Certes, on l'a soutenu
backstage, mais il a fait seul – seul ! - à tout petits pas
incertains les derniers mètres qui le séparaient de sa chaise qu'il n'a pas
quittée de tout le concert. Etait-il passé par Banneux avant d'arriver à
Dolhain-Limbourg ?! Jeannot Hiver, c'est un poème, un mythe, une
légende, une référence, ou une momie, un albinos, un revenant - bref, un peu de
tout à la fois. Mais c'est avant tout un grand monsieur qui a toujours un jeu
de gratte à vous donner des frissons dans le dos. Et ce son, cette sonorité si
caractéristique, cette voix si particulière : oufti ! Son chapeau
noir vissé sur la tête, ombrageant la moitié de son visage, n'en fait que
ressortir davantage encore sa longue chevelure blanche tombant sur de frêles
épaules et des bras maigrichons aux tatouages toujours aussi envahissants.
Mâchant ses mots pour mieux sans doute concentrer son attention sur ses 10
doigts qu'il est difficile de suivre, Johnny Winter m'a
charmé. Ni plus, ni moins. C'est comme le pape, sans doute: il faut l'avoir vu
une fois sans pour autant être forcément accusé de sombrer dans la
gérontophilie aigüe. Je suis heureux de ce face-à-face - il y a tellement de
pointures qui ont quitté cette bonne vieille terre sans que nous ayons eu
l’occasion de croiser nos chemins. Quant à notre Bjorn Berge régional, national
et surtout international - j'ai nommé le local de l'étape Jacques
Stotzem - il nous a avoué avoir assouvi un de ces phantasmes en
ouvrant ce soir pour Johnny Winter. Tant mieux pour lui, ma foi...




Tag - Stotzem Jacques
lundi 9 novembre 2009
Johnny WINTER - 9 novembre 2009 - Limbourg
Par "All the World is a Stage" le lundi 9 novembre 2009, 20:15