
12 heures de faction rock'n'roll avec d'entrée de jeu le gig des
PERPETRATORS, trio canadien en droite ligne venu de Winnipeg -
ce qu'on ne devinerait pas tant le français dont ils nous gratifient est
correct: sympa, les gars ! Chouette set sur la main stage (parlons
français comme ces anglophones: sur la grande scène donc) baignée d'un soleil
de plomb comme le fil du même nom. Et tant pis pour les absents qui ne savent
pas ce qu'ils ratent ! Nos gaillards remettent le couvert en after-party
en milieu de nuit sur la scène du Spirit qui leur convient mieux
encore que la grande scène du centre -ville. Il n'y a pas à dire, mais rien de
tels que l'intimité, la touffeur et la promiscuité d'un club (et quel club !)
pour apprécier ce blues-rock-boogie de ce lointain Montana. Mmh: ça hume bon le
Canada profond, ici. Vivement qu'on visionne ce concert filmé sous toutes les
coutures...



ABBEY ROAD prend le relais, remplaçant au pied-levé un
Machiavel ayant déclaré forfait en dernière minute. Moi qui me
réjouissais d'enfin voir Machiavel live on stage, non pas que leur production
me séduise particulièrement, mais bon: il est des choses qu'il faut en bon
Belge avoir vu au moins une fois, et aussi loin que ma mémoire remonte, je ne
me souviens pas les avoir vus. Quoique.... ABBEY ROAD coincé
entre les PERPETRATORS et Mike SANCHEZ: l'exercice n'est pas aisé, mais le band
n'est pas né de la dernière pluie et s'en sort (très) haut la main avec un
final à rallonge littéralement ex-plo-sif, comme porté par un public conquis et
en pleine Beatlemania. Les Beatles, ce doit être comme le chocolat (ou
l'Orval...): même quand on est au régime ou qu'on en est rassasié, on tombe
sous le charme, on se laisse aller et l'on se surprend à savourer et à en
redemander...!


Mike SANCHEZ, oufti ! La surprise du jour en ce qui me
concerne, l'excellente surprise du chef même. L'ayant raté plus d'une fois dans
un Spirit surchauffé, je mesure mon erreur. Deux cuivres, une contre-basse, une
guitare et une batterie pour accompagner ce fou-furieux posé devant son clavier
installé perpendiculairement au public en front de scène. Show chaud. Chaud
show. Chaud devant: l'homme hilare et aux doigts magiques nous offre une
prestation de toute beauté en mouillant son trois-pièces comme pas deux
(pièces) transformé en une éponge imbibée en fin de set. Entre Fats
Domino et Jerry Lee Lewis, mon coeur balance! A
l'issue d'un court rappel concédé par les organisateurs (je ne sais pas comment
le public aurait réagi dans le cas contraire...), il quittera la scène,
emportant son clavier sous le bras et fixant rendez-vous au public pour une
longue séance de dédicace. Question que j'ai oublié de lui poser: un costume
trois-pièces, ça résiste à combien de lavages, M'sieur...?





WISHBONE ASH: les habitués de Verviers sont fidèles au
rendez-vous. Les standards qu'ils nous offrent également. Le concert parfait
itou, idem la set-list - rien à redire: les professionnels sont de la partie.
Mais manque pour moi l'éclat magique, le petit grain de folie, le dérapage
contrôlé qui fait d'un concert un véritable show. Le quatuor est irréprochable
et prend manifestement plaisir à retrouver Verviers qui le lui rend d'ailleurs
bien également, mais manquait l'étincelle - ou plutôt elle n'est restée
qu'étincelle et n'a pas allumé mon feu. Next time, maybe, next time.... Sorry
guys.





SLADE is not Far Far Away: he's back home ! ''All right
everybody, Let your head down, I want to say everybody get on of your seat Clap
your hand and step your feet Get down and get with it'' ! Le band reste
aussi déjanté qu'il y a 6 mois à Limbourg... et autant qu'à sa grande époque
certainement. Même si tout cela n'est peut-être qu'artificiel il n'en demeure
pas moins que cette spontanéité, cette fraîcheur et ce bol de bonne humeur sans
doute bien orchestrée restent d'apparence si naturelle que c'en est un
véritable plaisir. Et c'est le principal pour soulever les foules: aucun tube
n'est oublié, aucun refrain n'est ignoré des milliers de spectateurs rassemblés
au pied de la grande-scène - et ayant connu pour la plupart les semelles
compensées et les autres artifices de la plus kitch de toutes les périodes,
celle du glam-rock anglais. Oufti, merci les gars !






Le show des PERPETRATORS qui remontent sur scène au
Spirit en milieu de nuit pour clôturer la journée n'éclipse pas les
autres scènes de la ville, ni surtout les autres bands qui ont arpenté la scène
du 66, je pense plus particulièrement à Teddy Beer et son rock
décalé (déjanté?), et surtout à Loveless Age: chapeau les
filles, votre reprise de Moonlight Shadows du grand Rory.....
